dimanche 16 décembre 2007

L'art du massage chinois


Le massage chinois (Tui Na) fait partie des arts thérapeutiques de l'ancienne médecine chinoise traditionnelle au même titre que l'acupuncture ou la phytothérapie. Alors que le massage chinois est pratiqué couramment en Chine depuis plus de 4000 ans et qu'on y a recours actuellement dans tout le pays, il est encore pratiquement inconnu en occident. Il y a plus de 2000 ans, le massage fut appelé AN-MO, et fut largement utilisé à des fins médicales. « AN » signifie « appuyer » et « MO » signifie « frotter/frictionner ». Depuis le massage a été utilisé aussi bien à des fins médicales qu’au bien-être et à la détente .

En 1949, le gouvernement chinois a officiellement reconnu les bénéfices médicaux du massage et l’a renommé Tui-Na. Le terme « Tui Na » vient du chinois exprimant le caractère à la fois vigoureux et pratique de cette méthode thérapeutique : Tui signifie pousser et Na saisir. Ce massage ne soulage pas seulement les muscles ou les articulations mais agit plus profondément, sur le mode de circulation de l'énergie vitale à travers le corps tout entier.

D'après la philosophie chinoise, cette énergie vitale ou Qi imprègne l'univers tout entier : c'est la force dynamisante à la base de toute vie. Dans notre corps, le Qi circule à travers des canaux appelés méridiens, apportant de l'énergie aux organes, aux tissus, et sur le plan psychologique. Dans la culture chinoise, la croyance dit que les humains forment une harmonie naturelle avec le ciel et la terre, ainsi le corps humain peut être considéré comme un paysage.

Le massage chinois utilise des pressions le long des méridiens, sur des points spécifiques affectant ainsi la circulation du Qi, pour la rendre plus libre et plus régulière. La répartition du Qi à travers le corps a de profondes répercussions sur le bien-être : émotionnellement, intellectuellement, spirituellement autant que physiquement.

Le massage chinois est particulièrement efficace pour les douleurs musculaires et articulaires dues à la pratique d'un sport à l'usure naturelle, au stress. Outre la décontraction musculaire, le massage chinois modifie la circulation du Qi (énergie) pour rééquilibrer les blocages énergétiques sous jacents liés au stress. En plus de soulager certaines douleurs, le massage chinois renforce la vitalité et le bien être, stimulant ainsi le système immunitaire.

Après des mouvements de pétrissage vigoureux, les muscles et les tissus sont à la fois détendus et tonifies. Le massage chinois permet une stimulation complète des systèmes osseux et musculaires ainsi que des organes internes. En rééquilibrant la circulation du Qi, le massage chinois revigore l'esprit et les émotions.
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dimanche 9 décembre 2007

La cuisine chinoise


La cuisine chinoise est une des plus réputées au monde, et sans doute celle qui comporte le plus de variations. Elle se repartit traditionnellement en quatre familles :

La cuisine du Dongbei se caractérise par l'omniprésence du blé, le climat ne convenant pas à la culture du riz. Beaucoup de plats sont conservés par salage à cause des hivers rigoureux et des temps de moisson relativement courts.

la cuisine shanghaienne se caractérise par son emploi particulier de l'alcool et du sucre dans la préparation des mets. Le sucre est utilisé à quantité égale avec la sauce de soja, sans que sa présence se fasse nécessairement remarquer par un "goût sucré".

La cuisine sichuanaise privilégie les fritures et la cuisson à la vapeur, ainsi que les légumes conservés dans la saumure. Le piment du Sichuan est omniprésent dans cette cuisine.

La cuisine Cantonaise, qui est souvent considérée comme la meilleure de Chine, voire d'Asie. Un dicton populaire rappelle : "Les Cantonais mangent tout ce qui vole dans le ciel, et tout ce qui marche sur la terre". En effet, la quasi-totalité du règne animal a sa place dans les cuisines cantonaises : insectes, souris, serpents, singes et autres sont accommodés à l'infini.

La cuisine chinoise est à la fois liée à la société, à la philosophie et à la médecine. Elle distingue le cai, légumes cuisinés et par extensions tout ce qui accompagne les céréales, le fan. Les aliments yin, féminins, humides et mous donc rafraîchissants sont les légumes et les fruits. Les aliments yang, masculins, frits, épicés ou à base de viande ont un effet réchauffant. Un repas doit donc non seulement harmoniser les goûts, mais également trouver un équilibre entre le froid et le chaud. Pour complimenter un plat, on dit qu'il "aide à faire passer le riz". Une autre chose caractérisant la cuisine traditionnelle chinoise est l'absence de produits laitiers à cause d'une intolérance au lactose qui existe dans de nombreux pays asiatiques.

Les Chinois partagent les plats. Ceux-ci sont souvent mis en commun. Les Chinois mangent à l'aide de baguettes, ou de cuillères chinoises en bois, plus rarement en porcelaine. La table se caractérise par son aspect social. Elle est ronde et parfois surmontée d'un plateau tournant où sont entreposés les plats. Aucun couteau n'est présent à table. Tous les aliments sont découpés en cuisine, à l'exception des fruits de mer qui sont des fois servis non-décortiqués.

La succession chronologique des plats qu'on connaît en France, est remplacée par une recherche d'équilibre à partir des cinq saveurs de base (sucré salé acide amer pimenté). Toutefois, les mets exclusivement sucrés n'apparaissent qu'à la fin des festins ou des repas de fête. En Chine, un plat doit aussi être agréable à l'œil. Les plats sont parfois choisis à des fins thérapeutiques, comme par exemple les nids d’hirondelles ou ailerons de requin, qui sont des ingrédients naturellement fades. La notion issue de la médecine chinoise de complémentarité des corps chauds et froids est prise en compte, particulièrement dans le Sud de la Chine.

Le thé est la boisson la plus bue. Il est consommé pour ses vertus digestives. La bière et l'alcool de riz sont des boissons plutôt festives, réservées aux grands événements. Néanmoins, lors d'un repas ordinaire chez soi, aucune boisson n'est en général proposée et l'on se désaltère avec une soupe ou une bouillie.

Les fréquentes périodes de disette ont inspiré aux Chinois des recettes permettant d'accommoder toutes les parties comestibles des animaux : entrailles, cartilages, têtes, serres de volailles etc.

Le tofu est une invention chinoise. Il représente la base d'une dizaine d'aliments différents qui apparaissent très souvent sur les tables du fait de leur coût modique.

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samedi 1 décembre 2007

Le thé de Chine


Le thé est né en chine et est profondément lié à la culture chinoise. Selon la légende chinoise, l'utilisation du thé comme boisson serait apparue en l'an 2737 avant notre ère, quand des feuilles se seraient détachées d'un arbre pour tomber dans l'eau chaude que l'Empereur Shen Nung avait fait bouillir pour se désaltérer. Ce dernier aurait alors apprécié le breuvage dont la consommation se serait généralisée.

De façon plus vérifiable, le thé serait apparu en Chine, sous la dynastie des Han de l’Ouest (-206 av. - 24) : des récipients à thé datant de cette époque ont été découverts. À l'origine, on s'en sert pour parfumer l'eau que l'on fait bouillir avant de la boire pour l'assainir. Il est d'emblée apprécié pour ses vertus thérapeutiques, comme soulageant les fatigues, fortifiant la volonté et ranimant la vue. Il devient une boisson quotidienne en Chine sous la dynastie des Han de l’Est (25 - 220) et à l'époque des Trois royaumes (220-280).

Les feuilles de thé sont alors broyées et la poudre obtenue compactée sous forme de briques, plus facilement transportables. On mélangeait parfois le thé avec un liquide, comme du sang, pour obtenir des briques plus solides.

Pour préparer le thé, on émiettait les briques, puis on faisait griller la poudre obtenue pour des raisons hygiéniques (les briques étaient souvent infestées de vers et d'insectes) et aussi pour donner au thé un goût plaisant. La poudre était ensuite bouillie avec des miettes de sel, et parfois du gingembre, de l'oignon, etc. On obtient ainsi une mixture épaisse, à la saveur corsée, servie dans un large bol qui passait de main en main.

Les briques de thé servaient également aux Chinois de monnaie d'échange, à tel point qu'elles faisaient l'objet d'un monopole d'État. Elles leur permettaient notamment de se procurer des chevaux auprès des peuples « barbares » du Nord. C'est ainsi que le thé s'est introduit en Mongolie où de nos jours il est toujours préparé bouilli, salé, additionné de lait de yack ou de vache.

Sous la dynastie des Song du Nord (960-1279) on préparait le thé battu. Les feuilles étaient broyées sous une meule afin d'obtenir une poudre très fine, que l'on fouettait ensuite dans l'eau chaude pour obtenir une mousse substantielle. Ce thé était aussi servi dans un grand bol commun à plusieurs convives.
Le thé devient la boisson de prédilection des lettrés sous la dynastie Tang(618 - 907). Il est introduit au Japon au début du XIIème siècle par le prêtre Eisai.

En 1391, Hongwu, le premier empereur de la dynastie Ming décréta que les tributs en thé livrés à la Cour devaient l'être non plus sous forme de briques, mais de feuilles entières. Ce décret impérial modifia rapidement les habitudes de consommation du thé. Désormais, les feuilles de thé sont directement infusées dans l'eau chaude.

Le service du thé subit de profonds bouleversements. Il fut désormais conservé dans des boîtes réservées à cet usage et préparé dans un ustensile d'un nouveau genre : une théière. On le servait dans de petites tasses individuelles destinées à en exhaler l'odeur et la saveur. Cette nouvelle vaisselle de théières, de bouilloires, de soucoupes, de tasses devint rapidement objet d'un artisanat raffiné à destination de riches collectionneurs.

On distinguait maintenant les thés suivant leurs régions d'origine, l'aspect des feuilles, leur couleur. Le façonnage devint également un objet d'attention, car les feuilles de thé pouvait être roulées en boules, en « aiguilles », savamment pliées et liées entre elles pour former des fleurs, des têtes de dragons, etc.

Le thé, tout comme le café, fut introduit en Europe par les néerlandais en 1606 sous la forme de « thé noir ».

De nombreuses légendes sont liées au thé, l’une d’elles raconte qu’un disciple de Boudha, lors d'une de ses longues méditations, s'assoupit et fit alors des rêves voluptueux. À son « réveil », il s'en voulut tellement qu'il se coupa les paupières pour ne plus jamais s'assoupir. Et là où étaient tombées ses paupières poussèrent les premières plantes de thé. Dès lors, tous les moines bouddhistes boivent du thé pour éviter l'engourdissement pendant leur méditation...

Aujourd’hui le thé reste la boisson noble par excellence des chinois et on goûte au thé comme on savoure un bon vin.